La règle à l’école…

Quelle école voulons-nous ?
samedi 29 novembre 2003

Nous ne sommes pas à Sud-éducation par hasard. Se syndiquer à Sud, c’est défendre une école où les savoirs ne sont pas des marchandises que des élèves soumis-es viendraient consommer. Défendre cette école démocratique - de la démocratie, c’est militer et lutter contre celles et ceux qui veulent la détruire, mais c’est aussi tenter quotidiennement de la construire avec nos élèves. De cette exigence est venue l’idée d’organiser des temps d’échange sur nos pratiques pédagogiques. La première rencontre a eu lieu autour du thème « la règle à l’école ». Cette première rencontre nous a permis de nous retrouver autour d’une ambition partagée : prendre de la distance par rapport à nos pratiques quotidiennes, pour mieux en cerner les enjeux et les enrichir de celles des autres. Le deuxième débat se tiendra le 21 janvier (18 h au local) : « pour changer l’école, quelles formations pour le personnel ? ».

Des règles pour rendre les élèves actrices et acteurs.

Les expériences évoquées sont diverses ; elles le sont d’autant plus selon l’âge des enfants, l’établissement… Mais dans tous les cas, quand on interroge les élèves sur les règles, tou-te-s sont capables d’en réciter une liste infinie. Combien sont capables d’en expliquer le sens ? Peu, si ces règles ne font pas l’objet d’une réflexion, d’une discussion et d’une élaboration collectives. A partir de ce constat, on se rend compte que tous les systèmes mis en place dans nos classes ont été pensés pour aider l’enfant non seulement à comprendre et respecter les règles de vie, mais encore à prendre une part active dans l’élaboration de ces règles et dans l’ensemble des décisions qui se prennent au sein de la classe. Il est donc important que ces systèmes ne soient pas uniquement coercitifs ; leur raison d’être est de favoriser le débat, la prise d’initiatives, la solidarité… l’exemple du système des ceintures de comportement, pratiqué dans des classes du 1er degré, va dans ce sens : le respect des règles définies dans la classe et dans l’école permet aux enfants de gagner progressivement de nouvelles libertés ; l’exercice de ces libertés constitue une nouvelle responsabilité que l’élève apprend à assumer.

La démocratie, une exigence qui implique aussi les adultes !

Et l’adulte ? Elle-il est garant-e, installant un climat de confiance mutuelle et veillant au respect des biens et des personnes. Elle-il aide les élèves à comprendre que faire ce qu’on veut quand on veut, ce n’est pas être libre, c’est au contraire être soumis-e à ses pulsions. Mais elle-il doit aussi prendre garde que tout cela ne se résume à un simulacre, une illusion de démocratie : si l’on veut que les élèves participent activement à la vie de l’établissement, qu’elles-ils fassent des propositions réfléchies et débattues pour l’améliorer, encore faut-il que ces propositions soient réellement prises en compte, qu’on n’en retienne pas que les plus insignifiantes (la couleur des bancs dans la cour, pour caricaturer…), celles qui ne « dérangent » pas. A vouloir faire croire aux élèves qu’ils ont un pouvoir de décision, quand celui ci est si limité qu’il en est ridicule, on court le risque de les voir se désinvestir encore plus. Des responsabilités dans l’école, chacun - adulte comme enfant - en a vis-à-vis des autres. Les règles sont là pour les définir. Evidemment on s’y réfère pour régler les conflits. Mais un seul rappel de la règle ne suffit pas. Un temps de parole est nécessaire, car il permet à chacun de mettre des mots sur des situations violentes plutôt que de passer à l’acte.

Pas de démocratie sans écoute.

Les « conseils de classe » du premier degré constituent un cadre intéressant, car ils permettent de différer les conflits et de les régler de manière réfléchie et pesée. Souvent des outils, tels que cahiers ou affiches, sur lesquels les enfants peuvent expliquer leur problème (et faire des propositions pour la classe), les aident à accepter d’attendre ce moment précis dans la semaine. Dans le second degré, la tâche est plus délicate : tant de missions importantes (et notamment l’orientation des élèves) sont dévolues à l’heure « de vie de classe », qu’il est bien difficile, pour le professeur principal qui l’assure une fois par semaine, de prendre le temps nécessaire pour démêler des conflits dont, en plus, elle-il ignore tout puisqu’elle-il n’est pas toute la semaine avec ses élèves… D’autres pistes seraient sans doute à explorer, le sujet est vaste , et le chemin vers une école réellement démocratique est encore long !


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