Emplois Vie Scolaire : pour SUD, c’est non !

L’administration cherche à passer en force (elle est belle, leur démocratie !).
lundi 4 décembre 2006

Les "emplois Vie Scolaire", derniers avatars des TUC et autres CES, sont les "contrats aidés" que Borloo veut imposer dans l’éducation nationale. Mais les collègues ne l’entendent pas de cette oreille.

Quatre collèges du Rhône ont refusé en Conseil d’Administration l’embauche de 35 Emplois de Vie Scolaire (EVS) destinés aux écoles primaires de leur secteur...

Quatre c’était trop pour l’Inspection Académique qui avait trouvé là un bon moyen de généraliser les emplois précaires.

Alors l’IA a trouvé la parade : demander au Lycée Jean Perrin de Lyon de prendre en charge les 4 EVS... pour mieux les envoyer ensuite dans les secteurs qui les avaient refusés (une bonne façon d’expliquer aux collègues ce que l’administration pensait de leur vote !).

Le problème c’est que le Conseil d’Administration de Jean Perrin a refusé aussi... En bon démocrate, le chef d’établissement s’est empressé de remettre la question à l’ordre du jour du CA suivant. Curieux comme la précarisation des travailleurs développe le sens de la démocratie chez leurs employeurs.

Manque de chance, au CA suivant, le rejet fut encore plus massif (15 "non" pour 8 "oui").

Restons vigilants : ces propositions d’EVS vont peut-être encore fleurir quelque part. Ce jeu durera tant que l’Inspection Académique se moquera des décisions de nos Conseils d’Administration, méprisera les collègues et refusera de comprendre que les temps ont changé.

Pourquoi s’opposer aux EVS ?

1/Nous voulons des postes de fonctionnaires titulaires. Pour la continuité pédagogique et la qualité du service public, précarité basta !

2/Les "contrats aidés" servent à réduire artificiellement le taux de chômage, mais ne règlent pas les problèmes sur le fond. C’est de la poudre aux yeux avant les élections.

3/Quelle mission pour l’école ?L’éducation nationale n’a pas pour mission première de permettre l’insertion sociale d’adultes "éloigné-e-s de l’emploi", elle a assez à faire avec les élèves.

4/Ces collègues sont des "travailleuses/eurs pauvres". Leurs conditions de rémunération et leurs droits (formation, accompagnement...) sont indignes. 26h au SMIC horaire et un contrat de 6 mois, renouvelable 3 fois au maximum ! Leurs perspectives d’avenir dans l’éducation nationale sont quasiment inexistantes. Et l’Etat patron ne respecte même pas le code du travail.

5/Quel accueil pour les élèves en situation de handicap ? Ces collègues EVS, pour l’essentiel, remplaceront les AVS (Assistant-e-s de Vie Scolaire) pour la scolarisation des élèves en situation de handicap. Il s’agit d’une mission très délicate. Comment les EVS, qui sont des super-précaires non formé-e-s, pourraient-elles/ils faire mieux que les AVS, qui étaient des précaires formé-e-s ? Une fois de plus, l’intérêt des élèves passe bien après les considérations budgétaires.

6/Un dispositif détourné Les EVS doivent théoriquement permettre le retour à l’emploi de personnes qui ont enduré une longue période de chômage. Dans les faits, les postes sont souvent attribués à des étudiant-e-s qui préparent des concours pour des métiers de l’éducation, mais se trouvent privé-e-s d’emploi à cause de la réduction des postes aux concours. Donc les personnes les moins diplômées restent privées d’emploi, et celles qui devraient obtenir un vrai travail sont contraintes à la précarité.


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