Déclaration liminaire de SUD éducation - FPMA mouvement intra du 19 juin 2014.

samedi 21 juin 2014

La rentrée 2014 sera encore difficile. Bien sûr, une certaine politique de recrutement met un terme à la destruction massive de postes des années précédentes sans la rattraper pour autant. Cette augmentation est donc encore bien trop limitée pour offrir de meilleures conditions de travail et d’étude, mais aussi d’améliorer sensiblement les conditions du mouvement. Ce serait même le contraire !

Ainsi avec moins de 2 200 candidatures à la mutation pour les collègues certifiéEs et agrégéEs, la lente érosion des demandes se poursuit. Nous sommes passés sous la barre des 900 mutations sachant que près de la moitié des demandes « satisfaites » le sont pour des mutants obligatoires (néo titulaires, premières affectations dans l’académie et ce, sans même regarder les victimes de cartes scolaires !).

Soucieux de l’amélioration des conditions de travail des personnels de l’éducation, SUD éducation milite pour un droit à la mobilité choisie et volontaire pour toutes et tous selon des règles transparentes et identiques. La situation actuelle va dans une direction contraire. Il est aujourd’hui toujours plus difficile d’obtenir une mutation au mouvement intra, même dans le cadre de situations humaines particulièrement difficiles (lesquelles se multiplient du fait de l’allongement des carrières). Là, les bonifications pour priorité médicale ne changent régulièrement rien, les demandes se multiplient pourtant, sachant qu’elles ne prennent en compte qu’une partie des collègues bénéficiant d’une RQTH.

Les raisons de cette remise en question du droit à muter et à exercer dans de bonnes conditions sont multiples :

-  L’essentiel des moyens nouveaux est alloué aux postes de fonctionnaires stagiaires ce qui nous donne même, en dehors des postes bloqués, de réelles suppressions de postes ;

-  Que dire encore de ce détournement dans la mise en place des décharges horaires des personnels qui exercent dans les établissements difficiles converties en heures supplémentaires. Une évolution positive, certes trop timide et limitée, perd dès lors tout sens ;

-  A propos du temps de service des stagiaires, si sa réduction à un mi-temps rompt avec une partie de la triste réforme de 2010, elle ne concerne pas les titulaires du concours exceptionnel de 2013-2014 pas plus qu’elle ne concerne celles et ceux qui seront titulaires du M2. Un mi-temps c’est encore trop pour entrer sereinement dans le métier, un plein temps, c’est toujours inacceptable ;

-  Le refus de revenir sur la réforme du lycée mise en place par le précédent gouvernement, qui avait été un moyen de supprimer des postes, accentue le blocage du mouvement ;

-  La multiplication des postes spécifiques fausse le mouvement sans pour autant permettre de combler tous les postes. Pour le mouvement ECLAIR, moins de la moitié des postes a été pourvue alors que plusieurs candidatures ont été écartées pour des motifs que nous qualifierons poliment d’étranges ;

-  La multiplication des compléments de services rebute, à juste titre, des collègues qui auraient pu participer au mouvement et dégrade les conditions d’exercice de celles et ceux qui les subissent particulièrement les TZR ;

-  La multiplication des heures supplémentaires, près de 10% des dotations en moyenne et jusqu’à 15% parfois, facilite les compléments de service, bloque des postes et participe à la dégradation des conditions de travail.

Dans ce contexte SUD éducation réclame :

-  Le retour à une véritable formation avec un tiers maximum du temps de service devant élèves pour les stagiaires ;

-  L’abrogation de la masterisation et des contre-réformes du précédent gouvernement dans l’enseignement général, technologique et professionnel ;

-  Le retrait des projets inacceptables de V. Peillon en particulier la décentralisation (même partielle) de l’orientation scolaire et de la carte de l’enseignement professionnel ainsi que son projet de réforme des rythmes scolaires ;

-  La baisse des effectifs par classe à tous les niveaux pour améliorer les conditions de travail et d’étude ;

-  Une vraie politique d’éducation prioritaire et l’abandon total du dispositif ECLAIR-REP+ ;

-  La création de postes statutaires à hauteur des besoinset, l’arrêt du recrutement de précaires et la titularisation sans condition de tous les personnels non titulaires en exercice ;

-  La mise en œuvre enfin de la baisse du temps de travail, d’autant plus nécessaire que nos missions s’accroissent alors que nos salaires diminuent.

C’est à ces conditions que le mouvement des personnels pourra réellement constituer le droit à la mobilité dont doivent jouir les personnels. C’est à ces conditions, qu’à l’issue d’une mutation, nos collègues pourront obtenir un poste stable sans intervenir sur deux ou trois établissements, parfois dans des villes non limitrophes ce qui est fréquent et rappelons-le illégal.

Pour conclure, sachant que l’éducation est une des priorités revendiquées par le gouvernement, compte tenu des limites de cette priorité éducative, nous sommes plus qu’en droit de nous insurger contre les politiques d’austérité qui organisent la destruction du secteur public. A cette occasion, nous ne pouvons que dénoncer l’instrumentalisation du Bac pour saper le légitime mouvement de grève des travailleurs et travailleuses du Rail comme l’ont aussi fait certaines organisations siégeant ici et marquer notre soutien aux collègues qui se battent contre le dévoiement de la réforme sur les rythmes scolaires ou les regroupements universitaires (COMUE).


Documents joints

Liminaire FPMA 19 juin 2014
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