Pour bien comprendre la prose des Recteurs

Littérature comparée : lettre du recteur de Caen et recommandations de l’OCDE
samedi 1er avril 2006

Madame, Monsieur

Depuis deux semaines, de nombreux lycées de l’Académie de Caen ne sont plus en mesure, malgré les efforts renouvelés des personnels de Direction et des équipes pédagogiques, d’assurer normalement la continuité du Service
public d’Education. Certains, au vu des risques encourus par les élèves et les personnels, sont fermés, d’autres sont bloqués, la plupart sont touchés par un fort absentéisme des élèves.

Devant la gravité de cette situation, je souhaite m’adresser personnellement aux parents d’élèves que vous êtes pour que, au-delà de l’engagement et des convictions qui sont les vôtres en tant que citoyen, l’Ecole avec votre soutien puisse encore garantir à ses élèves - c’est à dire à vos enfants - les acquis pédagogiques de cette année scolaire et un déroulement satisfaisant des examens.

Si, ensemble, nous sommes d’accord pour que la crise grave que traverse notre pays ne conduise à une crise de l’école, dès lundi, les chefs d’établissement seront prêts à assurer à tous le droit légitime de travailler et d’étudier mais ils ont besoin de votre appui.

J’invite donc chacun d’entre vous à faire, avec vos enfants, le choix de la reprise des cours et à renoncer à l’absentéisme porteur d’échec ; tout sera mis en oeuvre, il en est encore temps, pour sauvegarder une année de travail.

Mon intention n’est pas de faire par ce courrier une quelconque pression sur vous et moins encore de peser sur vos convictions. Elle est simplement, parce que j’en ai le devoir, d’attirer l’attention de tous sur les enjeux d’une semaine
décisive pour l’avenir de l’école.

Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à mes sentiments les plus dévoués.

Jean-Baptiste Carpentier

Faire le lien entre le courrier ci-dessus et les recommandations de l’OCDE est plus que jamais pertinent.

Analyse d’une politique d’ajustement (par l’OCDE)
Les Cahiers de politique économique présentent sous une forme concise, facile à lire et à assimiler, les résultats des travaux de recherche du Centre. De part sa diffusion rapide, large et ciblée, cette série est destinée plus particulièrement aux responsables politiques et aux décideurs concernés par les recommandations qui y sont faites.

L’OCDE (ORGANISATION DE COOPERATION ET DE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUES), est une organisation internationale qui aide les gouvernements à répondre aux défis économiques, sociaux et de gouvernance posés par une économie mondialisée.

Centre de Développement, Cahier de politique économique N° 13 - La faisabilité politique de l’ajustement...

MORCEAUX CHOISIS

Les politiques de stabilisation économique et d’ajustement peuvent provoquer des troubles sociaux, voire mettre en péril la stabilité des pays. Dans ce Cahier de politique économique sont analysées les conséquences politiques de tels programmes.

p 6

Sous la pression de grèves, de manifestations, voire d’émeutes, plusieurs gouvernements ont été obligés d’interrompre ou d’amputer sévèrement leurs programmes.[...] Dans d’autres cas, cependant, l’opposition à l’ajustement n’est pas le fait des pauvres : des fonctionnaires ou des salariés d’entreprises publiques peuvent, par la grève dans des secteurs clés, bloquer l’action gouvernementale. [...] Un programme interrompu par des grèves est un échec.

P 29

Les mesures de stabilisation dangereuses.
La réduction des salaires et de l’emploi dans l’administration et dans les entreprises parapubliques figure, habituellement, parmi les principales mesures des programmes de stabilisation. En principe, elle est moins dangereuse politiquement que la hausse des prix à la consommation : elle suscite des grèves plutôt que des manifestations et elle touche les classes moyennes plutôt que les pauvres (il y a peu de fonctionnaires parmi les 40 pour cent les plus pauvres). Mais ce n’est pas parce que cette mesure peut se justifier du point de vue de l’équité qu’elle ne comporte pas de risque politique. En effet, il s’agit de secteurs où la proportion de salariés syndiqués est la plus élevée, où les salariés ne prennent pas de risque en faisant grève comme dans le secteur privé et, enfin, où la grève peut être une arme très efficace : l’économie est paralysée par une grève des transports ou de la production d’électricité ; et l’État est privé de recettes si les agents du fisc cessent de travailler. La grève des enseignants n’est pas, en tant que telle, une gêne pour le gouvernement mais elle est indirectement dangereuse, comme on l’a noté, puisqu’elle libère la jeunesse pour manifester. Ces grèves peuvent donc devenir des épreuves de force difficiles à gérer. Certes, le gouvernement peut toujours rétablir le calme en annulant les mesures qui ont déclenché la grève mais, ce faisant, il renonce à réduire le déficit budgétaire.


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