"Rapport Thélot"... au moulin du MEDEF (SUD-Educ 69)

vendredi 5 novembre 2004

Depuis sa création, SUD éducation milite pour de profonds bouleversements dans le système éducatif français. Mais lorsque l’UMP a lancé son « grand débat » sur l’école, nous avons fait partie des rares organisations à appeler au boycott : nous savions déjà que rien de bon ne pourrait sortir de cette mascarade. Nouas avons refusé d’y participer, afin de ne pas apporter notre caution à la loi d’orientation qui se profile derrière le rapport Thélot. L’exemple de ce qui se passe dans les autres pays d’Europe (Angleterre, Espagne, Belgique...) montre bien ce que veut la droite française. L’UMP fait semblant d’écouter, garde ce qui arrange le MEDEF, et masque derrière de belles phrases son entreprise de destruction du service public d’éducation. En matière de politique éducative, nous avons appris à nous méfier de tout, y compris des grands idéaux et des bonnes intentions : lorsque les moyens ne suivent pas, les meilleures idées du monde sont dévoyées, et le rêve tourne au cauchemar.

L’école du baron Seillière

Equiper les établissements scolaires, nourrir les élèves, construire de nouveaux bâtiments, mettre en place des activités éducatives, accompagner les élèves dans leur travail personnel... Aux yeux des libéraux, l’éducation est avant tout un gigantesque paquet de pognon qui échappe (en partie) aux entreprises. Tout ce qui est rentable sera donc privatisé. L’école publique n’assurera qu’un service minimum (et les familles qui ont le choix scolariseront donc leurs gamin-e-s dans le privé). Pour l’UMP, le service minimum, c’est le maintien de l’ordre socio-économique, qui passe par quatre priorités...

1/ Renforcer le pouvoir des grandes entreprises en leur confiant les marchés scolaires et en leur fournissant de futur-e-s salarié-e-s serviles, taillables et corvéables à merci, par le biais de formations taillées sur mesure par les employeurs eux-mêmes.

2/ Renforcer le clientélisme, l’individualisme et la compétition (afin d’éviter des réactions collectives trop fortes sur le terrain politique ou syndical). Cette entreprise idéologique matraque les enseignements favorisant l’imagination, la coopération, la créativité, l’ouverture aux autres, la diversité culturelle...

3/ Renforcer les déterminismes sociaux en brisant définitivement l’espoir d’une ascension sociale par l’école, et en permettant aux élites d’accroître leur pouvoir au fil des générations.

4/ Renforcer la sécurité du pays en contenant les adolescent-e-s qui font peur pendant la journée, de manière à ce que les mémés puissent aller faire leurs courses sans trop trembler (il faut faire tourner la machine économique). Sous couvert d’une chimérique ascension sociale, l’école musèle les « classes dangereuses ».

Le défi de l’UMP consiste aussi à rendre le personnel complice de la casse de son outil de travail. C’est le sens des propositions qui visent, officiellement, à restaurer l’autorité du personnel, à favoriser l’autonomie des établissements, à placer les enseignant-e-s au centre du système... Proposer aux profs de travailler davantage dans les collèges et lycées, c’est aussi renforcer l’image d’Epinal du fonctionnaire feignasse. C’est donc un moyen de monter les salarié-e-s du privé (et en particulier les parents d’élèves) contre des enseignant-e-s « qui défendent des privilèges d’un autre âge », et briser nos luttes dans l’œuf.

Quelle école voulons-nous ?

Pour SUD éducation, en réponse à l’UMP, le service public d’éducation nationale appartient à la nation toute entière, et doit être, avant tout, au service des plus faibles. Il doit être un outil pour bouleverser radicalement l’ordre socio-économique actuel ; ce bouleversement s’articule autour de quatre priorités.

1/ Combattre le pouvoir des grandes entreprises. L’école laïque doit échapper à l’influence des pressions religieuses, mais aussi économiques. L’Etat doit garder le contrôle total des contenus d’enseignement, des outils pédagogiques, des activités scolaires et périscolaires. Ce qui signifie une augmentation massive du budget de l’éducation nationale (qui passe en premier lieu, par la suspension des financements publics à l’école privée).

2/ Combattre l’individualisme et la compétition, par des choix pédagogiques de coopération et d’émancipation, qui passent par une refonte complète des formations initiales et continues des enseignants.

3/ Faire disparaître les déterminismes sociaux, par un vrai brassage social à l’école, et la mise en place de vrais moyens éducatifs pour la réussite de tou-te-s.

4/ Renforcer la sécurité sociale en faisant disparaître la misère et la précarité (pour commencer : titularisation sans conditions de tou-te-s les précaires de l’éducation nationale). Une autre école ne naîtra pas sans une autre société. Elle passe par le renforcement de dispositifs existants (assurance maladie, assurance chômage, assurance vieillesse...), mais aussi par le droit effectif à un logement pour chacun-e, à un emploi pour chacun-e, la socialisation de l’investissement, la mise en place du revenu minimum d’existence (1200 euros pour tou-te-s, de la majorité à la mort, que l’on travaille ou pas).


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