Pourquoi il faut s’opposer au statut d’Assistant d’Education.

dimanche 12 octobre 2003

Après les MI/SE, les Emplois-Jeunes, les CES, les CEC, les CEC, les contractuels, et les vacataires, voilà les Assistants d’Education. Une nouvelle dose de précarité dans l’Education nationale.

1. C’est une régression par rapport au statut des MI/SE.

Aujourd’hui / MI/SEDemain / Assistant d’Education
Service à temps plein (28h/semaine en externat, 34h/semaine en internat). Temps de travail annualisé (1600h réparties entre une durée minimale de 39 semaines et une durée maximale de 45 semaines)
Service à mi-temps (14h et 17h). Forte probabilité de temps partiel imposé (pour favoriser la réussite universitaire des AE, explique le BO).
Congés pendant les vacances scolaires Travail probable hors temps scolaire (cf annualisation) : pour une répartition sur 39 semaines, on a 36 semaines sur temps scolaire,+1semaine avant la rentrée+1 semaine après la sortie+1 semaine petite vacance avec 35h30 hebdo en déduisant le crédit d’heures.
Recrutement sur critères sociaux parmi les étudiants Recrutement sur profil qui ne concerne plus uniquement les étudiants
7 ans de service et fin de fonction à l’âge de 29 ans Contrat de droit public de 1 an minimum à 3 ans maximum, renouvelable une ou plusieurs fois dans la limite d’un engagement maximal de 6 ans.

2. L’Assistant d’Education incarne le travailleur moderne tel que le rêvent les grosses têtes du MEDEF.
- Un travailleur flexible : temps de travail annualisé et possibilité de travailler sur plusieurs établissements, écoles ou collectivités territoriales. On peut même établir des contrats d’une durée inférieure à une année scolaire.
- Un travailleur polyvalent : il pourra effectuer de multiples tâches (surveillance, animation sportive, animation pédagogique, etc..).
- Un travailleur docile : isolé et nouveau venu, il sera directement sous l’autorité du chef d’établissement ou de la personne chargée d’organiser son service. L’autorité disciplinaire est le chef d’établissement partie au contrat qui peut suspendre l’assistant d’éducation s’il l’estime nécessaire.

3. L’Etat-Patron réitère le coup des Emplois-Jeunes : celui de proposer des CDD qui ne mènent à aucune embauche définitive.

4. Dans la continuité des Emplois-Jeunes, CES, CEC, on renforce le pouvoir hiérarchique des chefs d’établissements recruteurs. On transforme les directeurs d’écoles et certains enseignants en petits chefs. Exemple 1, le directeur, en tant que président du Conseil d’école, autorise ou non les AE à assister à certaines séances, avec voix consultatives, et en fonction de de l’ordre du jour. Travaille et tais-toi. Exemple 2, la formation d’adaptation à l’emploi ( ?) se déroule dans les conditions fixées par l’autorité qui recrute les AE.

5. Non, il n’y a pas de tâches nouvelles à exécuter. L’argument a déjà été utilisé pour les Emplois-Jeunes. En revanche, oui, l’Education Nationale a des besoins qui ne sont pas satisfaits. Les tâches proposées aux futurs AE peuvent toutes être effectuées par des personnes appartenant à des corps de métiers déjà existants.
Il suffit de prendre l’exemple de l’intégration des enfants handicapés : cette fonction peut être assurée par les Aides médico-psychologiques (AMP). Les AMP suivent une formation de 2 ans, s’occupent des enfants et adolescents, handicapés physiques ou mentaux, et gagnent environ 7180 F en début de carrière dans la fonction publique. Vous voyez le problème ?
On propose aux AE de rogner sur des métiers déjà existants, à bas prix (indice brut 267). Et en prime, on fait la démonstration que l’on peut assurer ces fonctions sans formation préalable. L’Etat-Patron gagne des sous sur le dos des AE et fait fi des emplois qualifiés déjà existants par la même occasion.

6. Concurrence et inégalité : on recrute les AE pour satisfaire les besoins d’un établissement, et en relation avec les projets d’établissement ou d’école. Un , on ne recrute pas les AE pour faire de la charité (financer leurs études). Deux, on met les établissements en concurrence. D’où une double inégalité : entre MI/SE et AE qui travaillent plus pour moins cher. Entre établissements, puisque vous avez droit à un AE si votre projet plaît aux autorités académiques.

- SUD-Education réclame le maintien et l’amélioration du statut des MI/SE, et l’embauche de surveillants à la hauteur des besoins.
- SUD Education demande l’embauche de personnels spécialisés en AIS.
- SUD Education exige la titularisation des Emplois-Jeunes qui le souhaitent dans des corps statutaires déjà existants.

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Assistants d’Education
Télécharger le tract sur les assistants d’éducation au format .pdf

NB : voir BO n°25 du 19 Juin 2003.


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