Évaluations nationales : zéro sur toute la ligne

jeudi 11 octobre 2018

Les évaluations nationales ont été parachutées pendant les vacances, sans concertation. Pédagogiquement inadaptées et contestables, peu sûres informatiquement parce qu’hébergées à l’étranger, financées par l’impôt sur une plate-forme informatique privée appartenant à une multinationale évadée fiscale… Nombreu-x-ses sont les collègues qui ont décidé de mettre un grain de sable dans la machine, suivant l’appel de Sud Education. Nous vous expliquons comment faire.

Zéro pédagogique
Outre la liberté pédagogique bafouée, se pose la question de l’utilité d’un tel dispositif, puisqu’il ne correspond pas à une évaluation diagnostique pertinente en début d’année, du fait de sa taille, de sa forme, mais également de son fond. L’accueil des CP, qui passe déjà par des évaluations « utiles » réalisées en début d’année par les collègues, se voit renforcé dans sa dimension anxiogène par encore plus d’évaluations ! Cerise sur le gâteau, certains items reproduisent des contenus sexistes que les programmes nous demandent de combattre : petit garçon montré en extérieur dans la nature et petite fille présentée dans sa chambre, dans son lit, ou devant un miroir…
Pour finir, l’administration n’a pas hésité à marchander les APC pour récupérer le temps passé par l’enseignant•e à entrer les résultats sur le portail des évaluations (5h à 8h selon les circonscriptions), mettant en avant au passage tout l’intérêt des APC pour les élèves...

Zéro financier
Le coût de ces évaluations est astronomique : l’État paye une somme phénoménale pour leur élaboration, pour l’envoi des documents dans l’ensemble des écoles du territoire et le traitement qui s’ensuit. Autant d’argent que nous aurions aimé voir utilisé pour des ouvertures de classes, d’écoles… ou pour diminuer les effectifs par classe !

Zéro numérique
Ces évaluations nationales procèdent une nouvelle fois d’un fichage des élèves puisque le portail n’est pas anonymé et qu’il se sert des données personnelles transmises par le logiciel administratif ONDE, pour pré-renseigner les noms/prénoms des élèves et des enseignant•e•s. Sans compter la réapparition des donnée CSP, longtemps dénoncées du temps de Base-élève !
Cerise sur le gâteau de nouveau, toutes ces informations sont stockées à l’international, chez un GAFA adepte de l’évasion fiscale, Amazon, toujours sans être anonymisées et sans aucun accord préalable des familles.

Zéro politique
Le projet politique de tout ceci ? La mise en concurrence des élèves certes, des écoles n’en doutons pas, et aussi des collègues. Avec toutes ces données, il est facile ensuite de comparer les résultats de nos classes selon la réalité du public accueilli, et de réserver les primes et l’avancement à celles et ceux jugé-e-s « plus méritant.e.s. » par la machine.

Zéro collaboration aux évaluations nationales !
Dans de nombreuses écoles - toute la circonscription de Vaulx 2 par exemple -, les équipes ont fait le choix de ne rien faire remonter via le portail numérisé. Certaines n’ont sélectionné que quelques items utilisés comme évaluation diagnostique auprès des élèves après un relevé dans un simple tableur. Les résultats collectés contribueront à l’organisation de la classe et de l’année scolaire au plus près des réalités des élèves. D’autres classes ont fait le choix de ne pas restreindre le temps de passation de ces évaluations, afin de sortir du cadre anxiogène exigé.
L’Inspection Académique a fait passer - après coup ! - un document pour permettre aux familles de s’opposer au stockage des données de leur enfant. Peut-être serait-il plus judicieux, avant même de faire passer ces évaluations, que les familles aient la possibilité de s’exprimer sur le traitement des données, par le biais d’une autorisation au même titre que celle que l’administration exige pour les photos des élèves ?
Rappelons-nous qu’aucun texte ayant de caractère réglementaire et contraignant n’existe pour cadrer ces évaluations. L’an dernier la DEGESCO avait produit un courrier stipulant qu’elles n’étaient en rien obligatoires. Ainsi, les enseignant•e•s qui ne les font pas passer ne risquent rien, si ce n’est de ne pas perdre leur temps à une tâche chronophage, mal fichue et inutile pour faire progresser les enfants.


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