UN PAS EN AVANT, DIX PAS EN ARRIERE

Sarko a reçu l’intersyndicale éducation nationale pendant que s’ouvrait la première taule pour mineurs
lundi 18 juin 2007

Nos nouveaux seigneurs, Sarkozy, Fillon et Darcos, ont reçu l’intersyndicale le 11 juin (en l’absence de SUD). Ils ont annoncé aux manants la disparition des décrets Robien. Mais si ce gouvernement nous annonce une bonne nouvelle, c’est forcément pour masquer quelques mauvais coups.

La précarité ? Les postes d’Emploi Vie Scolaire sont maintenus pour l’aide administrative aux directrices/eurs d’école. Donc l’État continue d’exploiter des précaires sur de petits CDD, plutôt que de confier le travail à des titulaires.

L’accueil des élèves en situation de handicap ? Il est officiellement renforcé par le nouveau « droit opposable », mais toujours confié à des collègues en grande précarité et sans vraie formation, ce qui montre bien que seuls comptent la vitrine et l’effet d’annonce, et non pas la qualité de l’accueil de ces élèves. Ces enfants seront bien scolarisés près de chez eux, mais dans quelles conditions (locaux, matériel, formation, accompagnement à long terme...) ?

Tout cela ne fera pas oublier le maintien de mesures catastrophiques héritées de Robien, par exemple les 3 058 postes d’enseignant-e-s supprimés, qui seraient compensés... par des heures supplémentaires. Peu importent donc la qualité du travail, la fatigue des collègues, la baisse des postes au concours, la précarisation du métier d’enseignant-e. Il faut maintenant « travailler plus pour gagner plus ».À SUD, nous préférons « travailler moins pour travailler tou-te-s ».

8 000 postes d’EVS sont aussi supprimés dans les lycées, et c’est autant de collègues en moins pour accueillir, éduquer, écouter, encadrer les élèves. Des caméras de surveillance pourront peut-être les remplacer, comme dans les collèges des Hauts-de-Seine, département présidé hier par un certain Nicolas Sarkozy. Les systèmes biométriques ou les puces électroniques RFID sont déjà dans les tuyaux pour fliquer la population, dans l’école et au dehors. Les luttes futures se précisent donc pour celles et ceux qui pensent encore que l’éducation est avant tout affaire d’humanité, et non pas d’économie budgétaire et de gadgets sécuritaires.

Restent les points sur lesquels rien n’est joué : apprentissage à 14 ans (il est « suspendu »), militant-e-s sanctionné-e-s, élèves sans-papiers, carte scolaire... Et sur le temps de travail, ce sont probablement des propositions pires que celles de Robien qui nous attendent. C’est donc le rapport de force que nous créerons dans les luttes qui fera pencher la balance. Il dépendra de l’engagement de chacun-e.

Une raison de plus pour renforcer au plus vite le syndicalisme de lutte : au moment même où Sarkozy baratinait les gentils syndicalistes à Paris, les fourgons cellulaires transféraient les premiers occupants de la première prison pour mineurs de France, qui vient de s’ouvrir à Meyzieu. Des salles de classe sont bien sûr prévues dans cette taule. Les détenu-e-s en culotte courte pourront surtout continuer à s’abrutir quotidiennement devant TF1, et c’est visiblement le plus important pour les partisans de la politique spectacle et du consumérisme. Si comme nous, tu n’es pas résigné-e devant cette vision comptable et carcérale de l’éducation, cap au SUD pour lutter ensemble.