Résolution de Liège anti-OMC

dimanche 6 novembre 2005

Résolution de Liège

Dénonçant

• la libéralisation prônée par l’OMC pour qu’à terme la totalité des
services soit rendue sur une base exclusivement concurrentielle,

• sa prétention à imposer ses décisions de façon irréversible sur
toutes les
législations internationales, nationales et locales,

• les directives européennes sur les services, dont le projet de
directive
Bolkestein, visant à généraliser la privatisation des secteurs
publics,
notamment les services publics locaux,

• les politiques gouvernementales de destruction des services publics,

Refusant

• la perspective d’une telle soumission de l’accès aux biens
essentiels à la
seule avidité spéculative des marchés au détriment de leur utilité
vitale,

• cette normalisation libérale à laquelle sont assujetties les
politiques
publiques, exacerbant les inégalités sociales, la mise en
concurrence des
travailleurs, les disparités territoriales et les déséquilibres
mondiaux,

• la mise des collectivités locales sous tutelle de l’OMC, portant
ainsi
atteinte à leur libre administration et à l’exercice de la démocratie.

Rappelant que

• l’exercice effectif des droits humains passe par des dispositifs de
protection sociale relevant d’une logique publique et solidaire,
tant dans
leur gestion que dans leur financement,

• le rôle des pouvoirs publics est de faire prévaloir l’intérêt
général en
satisfaisant aux besoins fondamentaux de leur population via les
services
publics,

• les services publics sont les moyens indispensables d’un
développement
humain équilibré, respectueux des droits sociaux et démocratiques,
à tous
les niveaux, du local au mondial ; ils constituent un élément
essentiel de
la citoyenneté,

• le sort du secteur public est un enjeu de société.

Nous, citoyennes, citoyens,

• élus, élues de divers pays européens, représentants des dizaines de
millions d’habitants de territoires déclarés "zones hors AGCS",

• syndicalistes exerçant des responsabilités aux niveaux local,
national et
international, membres d’organisations citoyennes militant pour une
société
vivable dans un monde viable,

Exigeons

• l’arrêt des négociations de l’AGCS en cours au sein de l’OMC,

• la modification et le contrôle démocratique du mandat donné au
négociateur
unique pour l’Union Européenne,

• l’exclusion définitive des secteurs vitaux (eau, santé, éducation,
énergie, transports, protection sociale, culture...) de toute
négociation.

• l’évaluation des libéralisations déjà engagées,

• l’interdiction faite au FMI, à la Banque Mondiale et à la BEI de
conditionner leurs "aides" à l’obligation de libéraliser les biens
communs,

• le retrait effectif de la directive européenne sur les services dite
"Bolkestein" et de toutes celles affectant les secteurs de service
public
(transports urbains,...),

• la remise en cause des pouvoirs excessifs attribués à la Commission
européenne en matière de "politique de la concurrence",

• la reconnaissance en droit européen et international de tout service
public,

• la coopération entre services publics au lieu de leur mise en
concurrence,

• de nouveaux dispositifs publics d’épargne et de crédit,

• une redistribution fiscale équitable des richesses permettant le
refinancement des services publics locaux

Et nous engageons à

• manifester ces exigences auprès des autorités politiques
gouvernementales
et européennes, auprès de l’OMC, d’ici le sommet de Hong-Kong (13-18
décembre 2005),

• saisir tous les élus locaux et parlementaires pour qu’ils prennent
position,

• associer habitants, syndicats et associations aux enjeux et au
sens de
notre engagement,

• organiser et soutenir toutes les initiatives appropriées pour
alerter et
riposter à la destruction des services publics.

A cette fin

• étudier et promouvoir des solutions alternatives à la gestion
privée,

• la Convention entend saisir toutes les opportunités pour faire
vivre et
partager ces exigences (forums sociaux locaux, nationaux, européens et
mondiaux, associations de collectivités et congrès d’élus,
manifestations
syndicales....).

• la Convention propose à tous les réseaux (citoyens, syndicaux,
élus de
collectivités), de travailler ensemble pour engager une riposte
cohérente et
durable afin, non seulement de préserver, mais aussi de promouvoir les
services publics comme réponse adéquate aux défis sociaux,
économiques et
environnementaux, à toutes les échelles, du local au mondial.

Liège les 22 et 23 octobre 2005


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