Pas de démocratie sans contre-pouvoir médiatique indépendant

Le maire de Lyon aime la presse libre... mais seulement lorsqu’elle est à sa botte.
vendredi 6 janvier 2006

Il n’existe pas de presse d’opinion de qualité, véritablement critique et indépendante, dans la métropole lyonnaise. C’est un véritable manque, que quelques sites militants sur l’internet ne comblent pas. Pire, des journaux bien tièdes et bien lisses sont à présent asphyxiés économiquement par la mairie de Lyon : Lyon Capitale et La Tribune de Lyon sont aujourd’hui la cible d’attaques qui menacent leur avenir.

Leur crime ? Tenter de comprendre les liens entre le PS local et l’association Léo Lagrange, qui pilote de nombreuses structures d’animation socio-culturelle dans les communes dites « de gauche », association soupçonnée d’être la pompe à finance du PS, dans le meilleur style RPR parisien.

Au départ, la mairie de Lyon payait à ces journaux des pages entières de publicité. Mais dès que les journalistes ont commencé à enquêter sur le financement du PS local... la mairie a coupé les robinets publicitaires. Et oui, Gérard Collomb, le maire PS de Lyon, aime la presse libre, mais seulement quand il la contrôle en la finançant.

Dans le même esprit, la municipalité "gauche plurielle" finance beaucoup de choses, d’ailleurs : la vidéosurveillance, l’école privée (en particulier l’International School, qui n’est même pas sur sa commune), les grands rassemblements religieux... Tout ce qu’il faut, finalement, pour mieux contrôler la population.

Rêvons un peu : les sommes épargnées par ces économies de publicité vont peut-être permettre d’améliorer la situation des écoles publiques de Lyon, et en particulier le sort des nombreux animatrices/eurs précaires qui y sont exploité-e-s ?

Cette affaire pose surtout la question de la liberté de la presse, et de la liberté d’expression, à Lyon comme ailleurs. L’opinion s’achète, et ce sont donc les riches qui la font, dans tous les médias financés par la pub. Les formes plus ou moins perverses de censure favorisent une pensée unique qui handicape gravement notre avenir collectif.

Au-delà du légitime combat des salarié-e-s de Lyon Capitale et de La Tribune de Lyon pour sauver leurs emplois, c’est un combat pour une presse véritablement libre que nous devons mener, à Lyon et ailleurs, dans l’esprit du Conseil National de la Résistance, qui, dans son programme rédigé sous l’Occupation, pointait déjà qu’il n’existe pas de démocratie authentique si le pouvoir (économique et/ou politique) contrôle financièrement les médias.


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