Le temps des rafles !

Réseau Education Sans Frontières 63, Collectif départemental de soutien aux sans-papiers et demandeurs d’asile
vendredi 30 septembre 2005

Aujourd’hui, nous sommes nombreux à nous opposer aux attaques néo-libérales contre le service public et contre le droit du travail, à lutter pour maintenir un vrai système de protection sociale et pour faire vivre au quotidien les solidarités. Mais ce qui a lieu sous nos yeux est plus grave encore que la destruction des droits sociaux, c’est l’état de droit même qui est en danger au regard de la situation qui est faite aux plus faibles d’entre nous : Les sans papiers.

... d’entre nous ... Parce qu’ils sont des nôtres qu’on le veuille ou non !

Ils sont des nôtres parce qu’ils sont nos voisins, parce qu’ils travaillent à nos côtés, parce que leurs enfants sont les amis des nôtres dans nos écoles. Ils sont des nôtres parce que la situation qui leur est faite est bien l’illustration d’une politique libérale, liberticide, violente et cynique, qui réduit chaque jour un peu plus le droit des personnes à se déplacer, à travailler, à se loger, à la justice...Une politique qui vise à transformer les victimes en criminels !
Ils sont des nôtres parce que, quand l’accès à la santé leur est refusé c’est notre système de santé aussi qui est visé, ils sont des nôtres parce que les violences policières qui les touchent sont commises par les fonctionnaires de notre république, ils sont des nôtres parce que, travailleurs clandestins ils sont victimes de la précarisation croissante du monde du travail et de l’impunité croissante dont bénéficie le patronat, ils sont des nôtres enfin parce que quand un enfant est retiré de l’école, c’est le principe fondamental du droit à l’éducation pour tous qui est attaqué !

Jusqu’où comptent ils aller ?

Dans la course à l’électorat frontiste les barrières morales fondamentales semblent avoir sauté, la rhétorique raciste, mais aussi les politiques en actes font craindre le pire : ce dont il s’agit c’est de mort dans les charters, de rafles commises par des fonctionnaires armés, de gens qui brûlent dans des taudis, de remise en cause de principes fondamentaux comme la protection de l’enfance, les droits de l’hommes, le droit d’asile.
Sarkozy exhorte ses troupes à faire du chiffre, des membres de la majorité commencent à remettre en question le droit du sol, nous nous sommes habitués à vivre dans un état d’exception, Vigipirate qui dure maintenant depuis 5 ans, les gardes à vue policières sans la présence d’un avocat ont été prolongées, les méthodes policières n’ont guère à envier à ce qu’elles ont pu être dans un passé funeste, on incite les fonctionnaires à la délation, tout est prétexte au renforcement des mesures sécuritaires...

Quand allons nous les arrêter ?

Pour les personnes qui ont été expulsées hier, il est trop tard : trop tard pour Malika qu’on a renvoyé « chez elle » se faire exciser, trop tard pour Kamel accueilli à Alger par les militaires, trop tard pour ces enfants tchétchènes renvoyés avec leurs parents à Moscou !
Mais il n’est pas trop tard pour rappeler au gouvernement que la France est signataire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, de la Convention de Genève, de la Convention Européenne des Droits de l’Homme et de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.
Il n’est pas trop tard pour qu’enfin tous les démocrates de ce pays prennent la mesure du caractère inhumain et raciste des politiques migratoires actuellement mises en œuvre, il n’est pas trop tard pour prendre conscience qu’on peut mesurer le degré de démocratie d’un pays au sort qui est fait aux plus faibles : les sans-papiers.
Réseau Education Sans Frontières 63
Collectif départemental de soutien aux sans-papiers et demandeurs d’asile